Réforme de l’orthographe : le gouvernement supprime les lettres l,i,b,e,r,t,é.

 

Dépoussiérant un dossier datant de 1990, le Conseil supérieur de la langue française a voté l’application de quelques réformes en matière d’orthographe. Premiers visés, les traits d’union et les accents circonflexes, dont l’existence n’est plus jugée essentielle. Face à la levée de boucliers qu’a suscité cette annonce (qui n’est pas la première du genre), la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem s’est empressée de préciser que l’ancienne orthographe resterait valable malgré tout…

Peu orthodoxe, la réforme de l’orthographe ?

Les cyniques ne diront pas le contraire. Pourtant, une autre clause passée inaperçue jusque-là et inscrite en page 36 du rapport sur la réforme a éveillé notre curiosité. Intitulée  » Estimation technique avancée d’une réforme générale et novatrice conceptuellement exigeante »   (ETADURGENCE), la clause prévoit la suppression progressive de certaines lettres,  » dans l’intérêt de tous « . Ainsi, les lettres L,I,B,E,R,T, et É devraient être totalement supprimées d’ici la fin de l’année scolaire. « C fom s couagus e ndspnsabl !  » s’est félicité Manuel Valls en conférence de presse ce matin.

Inverser la courbe de l’accent circonflexe, tel est en effet le vrai courage politique.

JK

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Sciences Po : un étudiant étourdi rédige ses mémoires au lieu d’écrire son mémoire

Corentin est de ceux qui lisent les énoncés quelque peu à la hâte. Manque de pot, cette fâcheuse habitude vient de lui jouer un très, très vilain tour.

Originaire de Rouen, Corentin côtoie depuis cinq ans déjà les amphis de Sciences Po, où il étudie principalement les affaires internationales. Étudiant doué, apprécié  par ses camarades autant que par ses professeurs, il représente sans doute ce qu’il se fait de mieux rue de Saint-Guillaume.

Conscient des capacités qui sont les siennes, Corentin a pris de l’assurance depuis son arrivée dans le prestigieux institut. Au point d’être devenu, ces derniers temps, un brin distrait. « Il n’est plus tellement attentif en cours, témoigne Hortense, une amie proche. Je le vois souvent jouer à un jeu de rôle japonais sur son ordinateur portable, dans lequel il capture et fait combattre des créatures fictives. »

Ce récent manque d’attention, Corentin l’a payé au prix fort. Au mois d’avril, il se décide à feuilleter son contrat pédagogique pour apprécier la charge de travail au-devant de laquelle son dernier semestre va le porter. Nous nous sommes procuré un extrait dudit contrat pédagogique :

«  I/ B/ c) Le mémoire :

Il est le résultat d’une réflexion et d’une analyse de l’étudiant sur un thème particulier. Ce développement s’axera autour d’un travail de réflexion personnelle, et d’une recherche bibliographique qui se voudra exigeante. »

Gonflé à bloc, Corentin se lance dans un travail d’écriture qui l’occupera nuit et jour durant 5 mois. L’ouvrage (XXV, comme l’âge de Corentin) est paru hier, chez un éditeur indépendant.

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Tout juste mis au fait de son erreur par son ami Julien, Corentin reste lucide malgré le choc : « J’ai toujours eu du mal avec les pluriels… Mémoire/mémoires, cheval/chevaux, coutal/couteau, mal/mots… Mais là, c’est vraiment dur à encaisser. J’espère au moins que mon livre plaira. »

Qui sait, on peut toujours rêver, peut-être une adaptation nulle et pas du tout fidèle sur le grand écran ? Comme ça vous pourrez encore la ramener en soirée en déblatérant combien le film est lamentable à côté du bouquin.

JK