Confessions d’une boule de poils

yeti

Il nous attend au coin du feu dans son modeste chez-lui, sur les versants escarpés du Mont Everest. Il a préparé le thé, coutume de l’hospitalité locale, et semble impatient de pouvoir enfin nous confier son histoire, entre mythe et réalité. Aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec une légende de 300 kilos de poils et de muscles. Aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec le yéti. Interview.

Q.R : Bonjour, et merci de me recevoir chez vous… Yéti ? Monsieur Yéti ?

Yéti : Vous pouvez m’appeler Yéti, oui. C’est le prénom que m’ont donné mes parents à la naissance, il y a de cela 137 ans.

Q.R. : Pourquoi cet interview aujourd’hui, en exclusivité mondiale pour le Bourbier International ?

Y. : Vous savez, je n’ai pas toujours eu une vie facile, certains détracteurs se sont acharnés à remettre sans cesse en cause mon existence. Je pense qu’il est  grand temps de remettre les pendules à l’heure, et d’annoncer publiquement à la face du monde que je ne suis pas qu’un mythe monté de toutes pièces par des alpinistes shootés à l’oxygène.

Q.R. : Cela dit, vous ne pouvez pas nier que vous faîtes preuve d’un style de vie assez discret qui laisse la place aux spéculations les plus folles…

Y. : Ce n’est pas vraiment facile de vivre en société lorsque vous avez mon physique, nous rétorque-t-il avec un sourire malicieux. Au moins ici je peux me balader librement, et je n’ai pas tous ces petits désagréments que connaissent les personnes aux physiques hors-normes dans les grandes villes. Je parle bien entendu de prendre le bus, de trouver des vêtements à sa taille, ou même simplement du regard des gens.

L’émotion est palpable. Yéti, qui souffre de gigantisme et d’hyperpilosité depuis son plus jeune âge, a dû effectuer un énorme travail sur lui-même pour accepter cette différence.

Y. :Avant que mon physique ne devienne une force, c’est vrai que j’avais du mal à m’accepter tel que je suis. L’épilation laser ? Oui, j’y ai songé, bien entendu. Mais vous avez vu cette photo d’un ours rasé intégralement ? Il était affreux. Je ne veux pas devenir comme lui, et m’égarer dans des éternelles remises en question identitaires.

L’atmosphère finit par se détendre, et Yéti évoque ses velléités de carrière dans le cinéma.

Y. : J’ai déjà tourné dans quelques clips ou films par ci par là. Notamment cette vidéo tournée avec les Beastie Boys (Triple trouble, ndlr), des gars très sympas et très accessibles. Et le sommet de ma carrière, ce rôle de doublure de Chewbacca dans les trois premiers films de la série que l’on ne présente plus… Malheureusement, ma carrière n’a pas décollé après ce premier essai pourtant concluant ! J’ai aussi eu quelques problèmes d’addiction lors de cette période trouble de ma vie, je peux vous dire que la poudreuse tournait pas mal dans les soirées avec Robert (Downey Jr., ndlr) et Pete (Doherty ou Falk, on ne sait plus trop).

C’est sur cette note festive que nous décidons de mettre un terme à notre entretien avec Yéti. Une larme au coin de l’œil et un trémolo dans la voix, il nous raccompagne jusqu’à la porte. Il nous confie alors avoir une idée de film, là, dans un coin de la tête, un film qui retracerait sa vie et mettrait enfin un terme aux critiques. Confessions d’une boule de poil sera le titre, nous dit-il. Plusieurs associations de cryptozoologie souhaitent déjà participer au financement. Je quitte le Tibet, incrédule et sous le charme. Aujourd’hui, j’avais rendez-vous avec un mythe.

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